Ce samedi a eu lieu de Conseil Municipal d’installation. Deux faits majeurs ont lieu lors de ce conseil: l’élection du Maire, et la délégation des pouvoirs au Maire. Sans grande surprise, Lorrain Merckaert a été réélu Maire de Montigny puisque sa liste a obtenu 34 élu.es. Les 39 élus, dont je fais partie avec Agnès Perez, sont ensuite amenés à voter les différentes résolutions…
Indemnités des adjoints : La majoration n’est pas une obligation
Le Conseil Municipal a été invité à se prononcer sur la majoration des indemnités des adjoints. Si l’article L2123-22 du CGCT permet effectivement d’augmenter ces montants sous certaines conditions, nous avons fait le choix de nous y opposer.
Il est crucial de rappeler un point de droit souvent passé sous silence : la majoration est une possibilité, pas une contrainte.
- Le principe : Le Conseil doit d’abord voter les indemnités de base dans le cadre d’une enveloppe globale.
- L’exception : Ce n’est que dans un second temps, de manière facultative, qu’il peut décider d’appliquer un bonus (majoration).
En période de tension budgétaire, nous estimons que les indemnités de base sont suffisantes pour honorer l’engagement des élus. Voter cette majoration, c’est envoyer un signal de déconnexion alors que l’on demande des efforts de gestion à tous les services municipaux.
Transparence et sobriété : Nous regrettons que la majorité municipale considère ces bonus comme un acquis automatique. Pour nous, l’argent public doit être utilisé avec parcimonie, surtout lorsque la loi nous laisse précisément la liberté de ne pas augmenter la dépense.
Pas d’austérité pour les frais de représentation de Lorrain Merckaert
Lors de la séance d’installation de notre nouveau conseil municipal, un vote a particulièrement retenu notre attention : l’attribution d’une indemnité de frais de représentation de 500 € par mois au bénéfice de Lorrain Merckaert.
Si la loi autorise ce dispositif pour couvrir les dépenses liées à l’exercice de la fonction (réceptions, déplacements officiels), le contexte de ce renouvellement nous interpelle à deux titres :
Un cumul de mandats très rémunérateur
Il est essentiel que les citoyens sachent que Lorrain Merckaert cumule aujourd’hui trois mandats et exerce les fonctions de :
- Maire de Montigny-le-Bretonneux ;
- Vice-président de l’Agglomération de Saint-Quentin en Yvelines ;
- Conseiller départemental des Yvelines.
Le cumul de ces mandats porte le total de ses indemnités à 8 825 € brut par mois. L’ajout de 6 000 € annuels de frais de représentation semble déconnecté de la réalité budgétaire des foyers de notre ville.
Le refus persistant de la transparence
Au-delà du montant, c’est la méthode qui pose problème. Pour la énième fois, Lorrain Merckaert a réaffirmé son refus de fournir les factures correspondant à ces frais de représentation.
Notre position : L’argent public exige une traçabilité exemplaire. Comment justifier l’usage d’une enveloppe de frais sans jamais en présenter les justificatifs à l’assemblée délibérante ?
Nous regrettons que ce nouveau mandat débute sous le signe de l’opacité financière, alors que la confiance entre les élus et les citoyens n’a jamais été aussi fragile. Nous continuerons de réclamer que chaque euro d’argent public soit dûment justifié.
Délégation de Pouvoirs
Ce Conseil Municipal s’inscrit dans la continuité de déni de démocratie. En refusant de dissocier le vote des délégations de pouvoirs, Lorrain Merckaert a choisi de passer en force. Ce procédé, s’il est techniquement légal, est une insulte à la transparence due aux Ignymontains. Nous étions prêts à voter les articles techniques, mais nous ne donnerons jamais de chèque en blanc sur des sujets aussi cruciaux que l’urbanisme, l’école ou l’éthique.
Urbanisme et foncier : le climat sacrifié
En s’accaparant l’article 15° (droit de préemption) et l’article 27°, Lorrain Merckaert s’autorise à transformer la ville sans aucune barrière démocratique.
- Biodiversité contre béton : Cette délégation permet d’autoriser, par simple signature, la construction d’un stade de foot au nord de l’étang de Saint-Quentin, actuellement zone naturelle dans le PLUi de SQY. Nous voulons au contraire utiliser le droit de préemption pour racheter des parcelles bétonnées et les rendre à la nature afin de créer des îlots de fraîcheur.
- Lutte contre la spéculation : Sans contrôle du Conseil, la ville renonce à briser la spirale des prix de l’immobilier. Nous devrions préempter pour casser la spéculation et maintenir des tarifs abordables pour nos administrés.
- Commerce de proximité : Ce droit doit servir à racheter les murs de nos commerces pour installer des artisans et des circuits courts plutôt que de subir l’arrivée de chaînes standardisées.
- Manque de vision : Ce passage en force occulte l’absence de stratégie face au changement climatique. Pourquoi refuser le débat sur une régie publique de l’eau, seule capable de garantir une gestion solidaire de cette ressource vitale face aux sécheresses ?
Écoles et Éthique : le prix du silence
La fermeture d’écoles est l’aveu d’un échec : celui de ne pas avoir construit assez de logements sociaux familiaux pour retenir les ménages. Parallèlement, l’installation massive d’Airbus (36 000 m²) montre notre impuissance à imposer des garanties éthiques face à une entreprise dont les activités sont liées au génocide à Gaza.
Quelle alternative ?
Nous avons proposé des garde-fous : des clauses d’insertion, l’obligation de taux fixes pour nos emprunts (Art. 3) et la fin de l’opacité sur les frais de mission (Art. 31). Lorrain Merckaert a préféré la dérive solitaire au contrôle démocratique. En votant CONTRE cette délibération, nous refusons d’être les complices silencieux de ce manque de vision pour Montigny.

